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Alain Resnais
© StudioCanal
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Alain Resnais se nourrit très jeune de cinéma, de littérature, de bandes dessinées et de théâtre. Dès l'âge de treize ans, il réalise des petits films en 8 mm. Installé à Paris au début de la Seconde Guerre mondiale, il s'inscrit à l'Idhec en 1943, où il est reçu dans la première promotion. Il se spécialise dans le montage tout en continuant à réaliser des films en 16 mm. Parmi ceux-là, des courts-métrages sur des peintres préfigurent sa carrière de cinéaste.

Alain Resnais commence sa carrière dans le cinéma documentaire. Tournés en noir et blanc, Van Gogh (1948), Guernica (1950) ou Les Statues meurent aussi (1953), avec Chris Marker, sont salués par la critique pour la qualité de l'analyse esthétique et leur sensibilité. En 1955, il réalise Nuit et Brouillard (1956) en collaboration avec l'écrivain Jean Cayrol, bouleversante évocation des camps de déportés, puis deux autres films sur la Bibliothèque nationale [Toute la mémoire du monde] et sur les usines Péchiney [Le Chant du Styrène].

Pour Hiroshima mon amour (1959), son premier long métrage qui lui vaut une renommée mondiale, Alain Resnais s'appuie sur un texte de Marguerite Duras, et L'Année dernière à Marienbad (1961), son deuxième film, emprunte son sujet au romancier Alain Robbe-Grillet. Ces deux œuvres révèlent un goût de l'exercice de style au service d'une grande sincérité.

Virtuosité du montage, fixation sur des lieux et des objets insolites, souplesse de la caméra contribuent au dosage savant de féerie décorative et d'étude psychologique. Les jeux de forme d'Alain Resnais, qui mélangent constamment l'imaginaire et la réalité, sont l'expression d'un style original, mais aussi d'une réflexion attentive sur la complexité de la pensée humaine.

La suite de son œuvre conduit le cinéaste vers une réflexion désenchantée sur les guerres perdues (Muriel ou le Temps d'un retour, 1962) puis à la découverte d'univers parallèles (Je t'aime, je t'aime, 1967) ou au charme discret du rétro (Stavisky, 1974). Il retrouve une veine plus personnelle avec Providence (1976) et La vie est un roman (1982), véritables labyrinthes de la rumination littéraire, ou encore avec Mon oncle d'Amérique (1979), réflexion sur la biologie du comportement inspirée des propos du professeur Henri Laborit.

Une sorte de détachement amusé se dessine et se confirme avec Mélo (1986), adaptation d'une pièce d'Henry Bernstein, où Resnais réconcilie cinéma et théâtralité. Si l'audace formelle et l'intelligence du récit demeurent dans I Want to Go Home (1988), elles sont encore plus sensibles dans le film double Smoking/No smoking (1992), série de variations sur les potentiels narratifs, interprété uniquement par Pierre Arditi et Sabine Azéma qui incarnent à eux seuls neuf personnages. Tout comme dans On connaît la chanson (1997), les situations, la psychologie et la métaphysique font la matière d'un virevoltant exercice intellectuel non dénué d'humour. C'est aussi une œuvre caractéristique des méthodes de travail d'Alain Resnais, qui sait s'entourer d'artisans pour donner le plus grand soin aux décors, aux couleurs, à la lumière et au cadre, et à la construction du scénario.

(source : Ciné-Ressources)