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Luis Buñuel
© D.R.
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Luis Buñuel est né à Calanda, petite ville profondément religieuse de la province d’Aragon, le 22 février 1900. Après son baccalauréat à Saragosse, il s’installe à la résidence étudiante de Madrid en 1917, où il fait la connaissance de Federico García Lorca et Salvador Dalí. Au cours d’un séjour à Paris en 1925, il fréquente le groupe surréaliste d'André Breton auquel il finit par adhérer en 1929.

Le jeune Buñuel s’intéresse de près au septième art et, après avoir été quelques temps assistant, notamment de Jean Epstein, il réalise et produit en 1928 un premier court-métrage avant-gardiste, Un chien andalou, secondé par Salvador Dali, auteur du script. Cette œuvre (financée par la mère de Luis !), mélange d’absurde, d’érotisme et d’horreur, sinon de provocation, marque de son empreinte l’Histoire du Cinéma par son architecture tout autant virtuose qu’audacieuse. Le succès est énorme et conduit Buñuel à poursuivre dans la voie du court-métrage.

Son second film, L’Âge d’Or, suscite de violentes réactions chez les biens-pensants et subit la censure. De retour en Espagne en 1937, Luis Buñuel est chargé de mission par le gouvernement républicain pour la programmation cinématographique au pavillon espagnol de l’Exposition Universelle de Paris. Devenu superviseur des films pour la propagande républicaine à Hollywood en septembre 1938, il contribue à la réalisation de diverses œuvres auprès de cinéastes divers (Luis Marquina, José Luis Saons de Heredia etc.). Expatrié au Mexique après l’avènement de Franco au pouvoir, il tourne à nouveau ses propres films, résolument commerciaux. Dès lors, il va enchaîner jusqu’en 1977 maints projets, au Mexique, en Espagne, puis finalement en France, construisant peu à peu des figures personnelles et profondément originales, un univers baigné par le fantasme, le surréalisme bien-entendu, l’angoisse, la passion et l’humour le plus cynique.

Palme d’Or au Festival de Cannes, son Viridiana (1961) provoque un nouveau scandale, politique, religieux et diplomatique ! En 1967, il reçoit le Lion d’or du festival de Venise pour Belle de jour. Dans les années soixante-dix, Buñuel reste actif et tourne quelques succulents pamphlets imbibés d'un surréalisme plus conventionnel en compagnie d’une pléiade d’acteurs (Fernando Ray, Carole Bouquet, Michael Lonsdale, Delphine Seyrig, Jean-Claude Brialy…) Après avoir décidé de mettre un terme à sa carrière après la sortie de son ultime film, Cet obscur objet du désir, un grand classique qui n’attend toutefois pas la force créatrice de Tristana ou de la Voie Lactée, Buñuel publie chez Robert Laffond un livre de souvenir : Mon dernier soupir.

Celui qui fut sans doute le plus grand cinéaste espagnol du 20e siècle s’est éteint le 29 juillet 1983 à Mexico.

(Source : http://www.lecafedesamis.com)